Adopter l'enfant de son conjoint

Adopter l'enfant de son conjoint

 Aujourd’hui, la majorité des adoptions ont lieu au sein des familles recomposées. L’adoption simple est en général plus adaptée.

Adoption plénière, adoption simple, quelles différences ?

L’adoption plénière rompt les liens de l’enfant adopté avec sa famille d’origine ; elle suppose un agrément, donné après enquête du service d'aide sociale à l'enfance du département, et est prononcée après une période pendant laquelle l’enfant est placé chez l’adoptant. Des démarches qui ne sont pas nécessaires avec l’adoption simple, qui laisse subsister les liens avec la famille d’origine. Elle correspond donc, dans la grande majorité des cas, au projet des beaux-parents qui souhaitent établir un lien de filiation entre eux et les enfants qu’ils ont élevés . Autres différences : avec l’adoption plénière, l’enfant prend le nom et la nationalité de ses parents adoptifs. Dans le cas d’une adoption simple, le nom de l’adoptant peut simplement s’ajouter au nom d’origine ; l’adopté peut prendre la nationalité de son parent adoptif s’il en manifeste la volonté.

L’adoption simple est-elle révocable ?

Oui, mais seulement pour des motifs très graves, par une décision judiciaire. Le nouveau lien de filiation perdurera donc après une éventuelle séparation du couple. Il s’agit donc d’un engagement très fort, ce que le notaire ne manquera pas de souligner.   

Couple marié, couple non marié, y a-t-il des différences ?

Si l’enfant est mineur, le beau-parent doit être marié avec le père ou la mère biologique de l’enfant pour l’adopter, pour des raisons d’autorité parentale. Cette question ne se posant plus après la majorité de l’enfant, une adoption par le concubin ou le partenaire de pacs est dès lors possible. La même règle s’applique aux couples de même sexe, mariés ou non.

Qu’en est-il en matière de transmission patrimoniale ?

L’adopté a vocation à hériter de son parent adoptif. A noter qu’en cas d’adoption simple, il conserve également ses droits dans la succession de ses parents d’origine. Néanmoins, au niveau fiscal,  en principe il n’est pas tenu compte du lien qui résulte de l’adoption simple : l’adopté qui reçoit une donation ou une succession ne bénéficie pas du tarif en ligne directe, largement plus avantageux. Heureusement,   le code des impôts prévoit des exceptions. Elles concernent notammentles enfants de l’époux ou de l’épouse de l’adoptant et les enfants pris en charge par l’adoptant pendant une longue période . Pour que l’enfant du concubin ou du partenaire pacsé bénéficie du tarif en ligne directe, l’adoptant devra ainsi lui avoir apporté des soins ininterrompus, soit au moins cinq ans pendant sa minorité, soit au moins dix ans dans sa minorité et sa majorité. Dans cette situation, les notaires conseillentde réunir dès que possible les documents qui prouvent cet investissement constant dans la vie de l’enfant ou du jeune. 

 

Crédit photo : Kate  sous licence Creative commons (CC BY-NC-ND 2.0)

Détenir un bien immobilier en indivision

Détenir un bien immobilier en indivision

Subie ou choisie, l’indivision présente des inconvénients. Peut-on y remédier ?

Qu’est-ce que l’indivision ?

Un bien détenu en indivision compte deux propriétaires ou plus, nommés indivisaires.  Chacun   détient une quote-part du bien, par exemple un quart, la moitié… L’indivision peut être choisie pour acheter un bien immobilier en commun. C’est très fréquent pour les couples de concubins ou de partenaires pacsés. Mais elle est aussi souvent subie. Lors d’une succession, par exemple, les héritiers sont en indivision tant que le partage successoral n’a pas eu lieu. Certains décideront de rester en indivision, par exemple pour conserver ensemble la maison de famille. En cas de divorce, les ex-époux se retrouvent eux aussi en indivision sur leurs biens communs  jusqu’à la liquidation de la communauté.

Qui décide dans une indivision ?

Un indivisaire peut décider seul des actes de conservation sans lesquels le bien serait en péril : travaux de réparation d’une toiture en passe de s’effondrer par exemple. Les actes d’administration peuvent être décidés à la majorité des deux tiers des parts d’indivision, qui peutêtre détenue par un seul indivisaire : il s’agit de conclure un bail d’habitation, de réaliser des travaux d’entretien, de confier un mandat à un tiers. L’unanimité n’est requise que pour les actes de disposition (hypothèque, bail rural…)

Pour la vente, depuis 2009, l’unanimité n’est pas requise. Le ou les indivisaire(s) disposant d’une majorité de deux tiers des parts peuvent s’adresser à un notaire pour signifier aux autres indivisaires leur décision de vendre le bien. La procédure qui suit peut être longue, mais certaines situations de blocage sont ainsi évitées.

Chacun participe aux dépenses à hauteur de sa quote-part (travaux, impôts et taxes…).

Un indivisaire peut-il se retirer de l’indivision ?

Oui, la loi stipule que « Nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision » ; le partage peut être provoqué. Un indivisaire peut aussi vendre sa quote-part du bien ; les co-indivisaires ont alors un droit de préemption.

A quoi sert la convention d’indivision ?

Les règles qui fixent le régime légal de l’indivision ne sont pas d’ordre public : on peut y déroger par convention. Certains indivisaires établissent donc une convention d'indivision pour adopter à l'unanimité, de nouvelles règles du jeu. On peut ainsi imposer le maintien dans le temps de l’indivision, à durée indéterminée ou fixe, ou encore organiser la gestion des biens indivis, notamment en désignant un gérant qui pourra accomplir seul certains actes. La convention peut aussi fixer l’indemnité d’occupation due par l’indivisaire qui occupe le logement, généralement en relation avec sa valeur locative. 

Si elle concerne un bien immobilier, la convention doit être établie par acte authentique. Ce sera l’occasion de prendre conseil auprès du notaire, pour optimiser une situation qui s’avère parfois inconfortable !

Crédit photo : Maria Teresa Ambrosi sous licence Creative commons (CC BY-NC-ND 2.0)

L'enfant héritier

Il n’y a pas d’obstacle à ce qu’un enfant mineur hérite de l’un de ses parents ou d’un autre proche. Néanmoins, le Code civil le protège particulièrement. 

Taux d'intérêt légal et paiement fractionné ou différé des droits de mutation à titre gratuit

Les modalités de calcul du taux d'intérêt légal ont été modifiées par ordonnance du 20 Août 2014.
Il en résulte deux taux :

  • le premier s'applique aux créanciers personnes physiques n'agissant pas pour des besoins professionnels et il est fixé à 4,06%
  • Le second s'applique à "tous les autres cas" et est fixé à 0,93%.

Par décret du 22 décembre 2014, le taux applicable au demande de paiement différé ou fractionné de droits de succession a été modifié. Auparavant le taux applicable était le taux d'intérêt légal arrondi à la première décimale, soit 0% pour les demandes formulées en 2014. Il est désormais déterminé par le taux effectif moyen pratiqué par les établissements de crédit pour des prêts immobiliers à taux fixe consentis aux particuliers 

Ce taux est de 2,20 % pour 2015.

Par ailleurs, la durée est réduite de :

  • 5 à 1 an pour le paiement fractionné de droit commun, 
  • 10 à 3 ans pour le paiement de fractionné concernant les successions composées à plus de 50% de biens non liquides.

Les échéances de paiement des droits étant désormais fixées à trois pour les fractionnement sur un an ou sept maximum pour les fractionnements sur 3 ans. 

Tel est le régime des paiements fractionnés pour les demandes formulées à compter du 1er janvier 2015.

Loi de finances rectificative pour 2014 et loi de finances pour 2015

La loi de finances pour 2015 et la loi de finances rectificative pour 2014 du 29 décembre 2014 ont été publiées au Journal Officiel 30 Décembre 2014.

 

Voici une présentation synthétique (et donc non exhaustive) des principales mesures de ces textes. 

IMPOT SUR LE REVENU

Concernant l'impôt sur le revenu, la première tranche d'imposition à 5,5% est supprimée. 

Le dispositif de réduction d'impôt en faveur de l’investissement locatif intermédiaire dit "Duflot" est rebaptisé "Pinel". Il est désormais possible :

  • de consentir une location à un ascendant ou descendant de l'investisseur s'il le locataire n'est pas dans son foyer fiscal,
  • de consentir une location à un associé de la société investisseur, 
  • de proroger la durée de l'engagement locatif pour 3 ou 6 ans. 

PLUS VALUES

Concernant les plus-values immobilières, le nouveau dispositif annoncé l'été dernier concernant les ventes de terrain à bâtir est entériné. Désormais le calcul de la plus-value suite à la cession d'un terrain à bâtir (ou d'immeubles destinés à être démolis) suit le régime d'abattement pour durée de détention applicable pour le bâti. La vente n'est plus soumise :

  • à plus-value au taux de 19% en cas de détention du bien depuis plus de 22 ans,
  • à prélèvements sociaux (15,5%) en cas de détention du bien depuis plus de 30 ans. 

En outre les ventes précédées d'une promesse de vente régularisée entre le 1er septembre 2014 et le 31 décembre 2015 bénéficient d'un abattement exceptionnel de 30 % si l'acte authentique est signé au plus tard le 31 décembre de la 2e année suivant l'enregistrement de la promesse de vente. 

Pour les résidents étrangers (personnes physiques, les associés personnes physiques de sociétés, groupements ou organismes dont les bénéfices sont imposés au nom des associés, et les porteurs de parts, personnes physiques, de fonds de placement immobilier, domiciliés dans un État tiers à l'Espace économique européen), les plus-values réalisées à compter du 1er janvier 2015 sont imposée au taux de 19% contre 33,33% auparavant. 


IMPOTS LOCAUX

Concernant les impôts locaux, une majoration de 20% de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires peut être décidée par les communes situées dans des zones tendues (où la taxe annuelle sur les logements vacants est applicable). La hausse est applicable dès 2015 si la commune l'institue par délibération avant le 1er mars 2015.


DROITS D'ENREGISTREMENT

Concernant les droits d'enregistrement (ventes), la majoration pour les droits dus sur les ventes d'immeuble pour la part départemental est pérennisée. Les conseils généraux peuvent donc décider de majorer la taxe départementale pour la porter à 4,5% au lieu de 3,80%.

Deux mesures exceptionnelles concernant les droits d'enregistrement (donations) sont prévues pour les donations. Un abattement supplémentaire de 100.000 Euros par donateur et par type de bien est applicable :

- en 2015 aux donations portant sur un terrain à bâtir sur lequel le donataire s'engage à construire un logement dans les 4 ans, 

- entre le 1er septembre 2014 et le 31 décembre 2016 aux donations de logements neufs n'ayant jamais servi consenties dans les 3 ans de l'obtention du permis de construire.  


RÉSIDENTS FISCAUX ÉTRANGERS

Pour les résidents de l'UE et de l'EEE, il n'y a désormais plus d'obligation de désigner un représentant fiscal en France pour l'impôt sur les revenus perçus à compter de 2014, pour l'ISF à compter de 2015, pour l'IS pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2014 et pour les plus-values notamment immobilières pour les cessions intervenant à compter du 1er janvier 2015.

 

Enfin précisons que le Conseil Constitutionnel a notamment censuré les dispositions de l'article 60 de la loi de finances rectificative pour 2014 qui instituaient un taux d'imposition de 75 % des plus-values immobilières des personnes ou organismes établis hors de France dans un État ou territoire non coopératif.

Virements obligatoires

A compter du 1er janvier 2015, tous les paiements reçus par l'office doivent être effectués par virement.

Il en est de même pour les paiements effectués par l'office, notamment au moment du solde de votre compte client. C'est pourquoi nous vous invitons à nous communiquer dès à présent votre relevé d'identité bancaire. 

Plus-values : la résidence principale exonérée

Plus-values : la résidence principale exonérée

Le logement du vendeur échappe à l’impôt de plus-value qui pèse sur les autres biens immobiliers (terrains, résidences secondaires, immobilier locatif…). Précisions.